Économie : ce consortium français mène la danse des investissements en intelligence artificielle en Europe

Adrien Hardy · 15 août 2026 · 4 min read · 724 words

L’Europe doit choisir ses champions. Alors que Bruxelles prépare un plan de financement massif pour l’intelligence artificielle, un consortium français sort du lot. Son nom : AION. Objectif : construire une gigafactory d’IA en France et peser sur l’économie numérique du continent.

« La course pour construire l’infrastructure de l’IA européenne est ouverte », lance Damien Lucas, PDG de Scaleway, entreprise à l’initiative du projet. Le consortium français avance une promesse de 10 milliards d’euros d’investissements si sa candidature est retenue par l’Union européenne. La compétition s’annonce rude.

Qui se cache derrière le consortium AION ?

Vingt-huit entreprises françaises se sont regroupées autour de ce projet. C’est un véritable écosystème industriel qui se met en ordre de bataille pour l’Europe de la technologie. Chaque membre apporte une pièce du puzzle, une brique essentielle à la construction de cette infrastructure géante.

L’initiative, portée par Scaleway (groupe Iliad), réunit des acteurs aux compétences complémentaires. De l’énergie à la data, en passant par le cloud et les supercalculateurs, la chaîne de valeur est couverte. L’industrie française montre les muscles.

Une équipe de champions tricolores

Le marché européen de l’IA est estimé à plusieurs centaines de milliards d’euros. Derrière cette annonce, c’est une bataille pour la souveraineté qui se joue. Les candidatures des autres pays membres seront nombreuses. L’UE prévoit de sélectionner sept sites pour des gigafactories.

L’atout énergie : la carte maîtresse française

Un centre de données consomme énormément d’électricité. C’est même l’un des postes de dépenses les plus lourds. Béatrice Bigois, directrice exécutive d’EDF, rappelle un chiffre clé : l’électricité représente plus de 30 % des coûts d’un centre de données.

La France possède un avantage stratégique indéniable. Son électricité est l’une des moins chères d’Europe et elle est bas carbone. Le pays affiche environ 20 g de CO2/kWh, soit huit fois moins que la moyenne européenne. Un argument de poids pour un secteur gourmand en énergie.

Cet avantage pourrait faire la différence lors de la sélection. Les candidats devront prouver leur capacité à fournir une énergie stable et propre. La promesse d’AION ne s’arrête pas là. Le consortium prévoit un déploiement massif de puissance de calcul, avec l’équivalent de 288 000 GPU H100.

Aiôn : la référence au temps long qui fédère

Le nom du consortium n’est pas anodin. Loin d’être un simple acronyme pour « Artificial Intelligence », AION fait référence à Aiôn, l’une des divinités grecques du temps. Un choix signé Xavier Niel, fondateur d’Iliad, qui continue sa métaphore hellénistique après le nom de son groupe.

Cette référence au « temps long » et à la « force inépuisable » illustre l’ambition du projet. L’innovation ne se décrète pas, elle se construit dans la durée. Avec un tel nom, les membres du consortium affichent clairement leur volonté de s’inscrire dans l’histoire de l’économie numérique européenne.

Les fondations du projet reposent sur une conviction : l’Europe ne doit plus dépendre des géants américains et asiatiques pour son IA. Cette position est partagée par l’ensemble des membres du consortium. la question de la souveraineté dépasse les clivages politiques.

Un projet qui va au-delà des frontières hexagonales

Le programme européen prévoit un guichet de 20 milliards d’euros pour les gigafactories. Les membres d’AION l’affirment : leur projet a « vocation à fédérer l’ensemble des acteurs français et européens ». Le partage des compétences et des infrastructures est au cœur de la démarche.

La candidature française est minutieusement préparée. Mais la concurrence fera rage. La Commission européenne doit rendre sa décision d’ici fin 2026. Tout se jouera sur la crédibilité des projets, leur solidité financière et leur capacité à fédérer des investissements transfrontaliers. L’appel d’offres prend fin le 16 novembre 2026. Face à l’urgence, chaque jour compte.